Mémoire locale
Les chevaux pendant la guerre de 1939-1945
A cette période, dans le Gard,les chevaux sont réquisitionnés à partir de la gare de Pont-Saint- Esprit. Les paysans s'organisent pour les travaux des champs . A Orgnac l'Aven, on échange aux communes voisines des chevaux contre des travaux :
- des journées de coupes de bois chez un paysan maquignon ;
- de l'aide aux vendanges chez un autre à Beth.
A Luth, un mulet travaille les champs de Luth et Malataverne. Deux bœufs sont utiles aux petites cultures de pomme de terre et de pois chiche.
Le baptême
« Autrefois, le batejat dans les milieux catholiques se faisait au plus tard dans les trois jours suivant la naissance. Depuis le début du siècle, cette rigueur s’est bien atténuée et le baptême se célèbre maintenant d’après la convenance des familles ou la santé de l’enfant. LA pratique religieuse qui obligeait à baptiser les enfants dans les premiers jours après la naissance entraînait au début du siècle encore, une très forte mortalité néonatale surtout l’hiver .
En principe, le nouveau-né doit être habillé entièrement de blanc. Parfois seuls les rubans de couleur distinguent les sexes, mails il ne semble pas y avoir aucune règle générale (…) Lors du baptême, l’enfant est généralement porté à bras. Aujourd’hui la mère fait partie du cortège mais ne porte pas l’enfant. (…) Jadis on le disposait dans le grand châle cachemire de noces de sa mère (Gras, Mézilhac, Barnas, St Laurent, Orgnac)» .
Source : Le Folklore du Bas-Vivarais par Pierre Charrié,2 -ème édition 1982. Page 17.
Mariage : l’arc de triomphe
« On nomme ainsi la décoration extérieure de la maison de la fiancée. Il est constitué par des arbres ou branchages ornés de guirlandes et fleurs en papier. Les arbres le plus souvent utilisés sont le pin ou le sapin. Également le buis (Beaulieu, Orgnac, Bessas, Saint André de Cruzières , Saint Remèze, Le Teil) ».
Source : Le Folklore du Bas-Vivarais par Pierre Charrié,2 -ème édition 1982. Page 52.
Mariage : le repas de noce, la jarretière.
« Le repas de noce se fait chez les parents de la fille ou à leur frais au restaurant. On apporte dans la pièce la couronne de feuillage disposée sur l’arc de triomphe. (…) La coutume de la jarretière de la mariée est assez générale et se maintient toujours. La mariée s’entoure la jambe d’un long ruban qui est ensuite découpé et partagé entre les invités (…) A Saint Montan et Orgnac la jarretière était également découpée, mais offerte dans le soulier de la mariée. Actuellement, le plus souvent, cette jarretière est mise aux enchères à l’américaine, la somme récoltée étant donnée aux jeunes époux ».
Source : Le Folklore du Bas-Vivarais par Pierre Charrié,2 -ème édition 1982. Pages 54 et 55.
Mariage à Orgnac dans les années 30
photo th c
Tradition de mariage à Le Garn.
Faire le tour de la piscine (nom donné au plan d'eau situé à Le Garn) porte bonheur aux mariés. Le repas de mariage se faisait traditionnellement chez la mariée : ainsi on se retrouvait une quarantaine de personnes serrées dans les maisons.
Témoignage local Le Garn janvier 2020
La bûche de Noël
« La coutume de la bûche même autrefois n’était pas générale. L’enquête de VAN GENNEP vers 1925-1930 ne donne des affirmations que pour les localités suivantes : Les Vans, Vallon, Grospierres, St Laurent, Valgorge, Barnas, Asperjoc, Vals, Labégude, Ucel, Tauriers, St Genest deBauzon, St Alban, Pradons, Labeaume, Salavas, Rochecolombe, Lavilledieu, Bidon, Orgnac, Bourg St Andéol deBerg, Le Teil, St Jean Le Centenier, Antraigues ».
Source : Le Folklore du Bas-Vivarais par Pierre Charrié,2 -ème édition 1982. Page 65.
Le jour de l’an
« Le 1er janvier n’était chômé que d’une façon exceptionnelle. C’était le 1er janvier ou bien le lendemain que les parents remettaient parfois de petites étrennes aux enfants (…) La tournée des enfants dans les maisons a disparu sans doute en raison du préjugé suivant lequel la mendicité doit être réservée aux pauvres (…) A Orgnac, les quêteurs s’annonçaient en disant Bon jour bona annada mon estrena demandade. ».
Source : Le Folklore du Bas-Vivarais par Pierre Charrié,2 -ème édition 1982. Page 68.
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Pâques
« La coutume des Rameaux décorés a commencé à disparaître à partir des années 1950, alors que dans bien des provinces cette tradition moyenâgeuse avait été abandonnée au début de ce siècle (…) Une grande diversité de décors pour les rameaux des enfants (…) : guirlandes, sacs de bonbons, œufs en chocolat, gâteaux dits tortillons (Orgnac) ».
Source : Le Folklore du Bas-Vivarais par Pierre Charrié,2 -ème édition 1982. Page 76
La Semaine Sainte.
« Il n’y avait pas de tournées d’enfants pour quêter les œufs durant la Semaine Sainte ou le jour de Pâques.
Autrefois, entre la messe du Jeudi Saint et l’alléluia du Samedi Saint, les cloches étant muettes, les enfants de chœur étaient chargés d’avertir les fidèles de l’heure des offices en parcourant les rues du village. Dans la plupart des communes, ils se servaient pour cela de crécelles dites ténébras (Orgnac,…)(…) A la question des enfants demandant ce que vont faire les cloches on dit partout qu’elles vont à Rome pour manger des tomas (Orgnac) ».
Source : Le Folklore du Bas-Vivarais par Pierre Charrié,2 -ème édition 1982. Page 78.
Le 1er mai
« Dans certaines localités, il était d’usage de mettre durant la nuit du 30 avril au 1er mai, un « mai » devant la demeure des jeunes filles. (…) On disposait des branches de sapin ou de frêne devant la porte des filles (Orgnac). Le soir du 30 avril, la quête des œufs par les jeunes gens allant de porte en porte en chantant un air de circonstance est ou était répandue dans le Haut Vivarais. Dans le Bas-Vivarais, cet usage était exceptionnel. Selon VAN GENNEP cette quête se pratiquait vers 1925-1935 à Orgnac et à Asperjoc où l’on donnait des œufs et du lard».
Source : Le Folklore du Bas-Vivarais par Pierre Charrié,2 -ème édition 1982. Page 82.
Les croyances sur le feu de la Saint Jean
21juin , jour le plus long de l'année . Une occasion de fêter le soleil, le renouveau de la nature ,prétexte à des fêtes pour protéger les cultures de l'orage, de la grèle .Certains parlent de rites initiatiques pour les jeunes gens . Ils seront des hommes après avoir sauter le feu .
Au V° siècle, l'église place cette fête paÏene sous la protection de st Jean
En 1346, il est demandé à la population de bruler en cette occasion, os , carcasses d'animaux pour éviter de propager la peste
Cette coutume évolue au fil du temps
« Les feux de la Saint Jean s’accompagnent de rites magiques et purificateurs, d’où un certain nombre d’actes et de croyances encore bien observés. Sauter le feu est un présage de mariage.(…) Sauter le feu préserve des piqûres de puces et de la gale (Salavas, La Chapelle sous Aubenas). Il préserve des entorses et des foulures (Chambonas), du mal aux pieds (Jaujac), du mal aux jambes (Lalevade, Grospierres), des ampoules (saint Paul Le Jeune), du mal aux reins (Salavas, Orgnac), de toutes les maladies (Gras) (…) La fête de l’eau était associée à la fête du feu on jetait des tisons carbonisés dans les puits pour les assainir (…)A Orgnac les bergers faisaient prendre un bain aux brebis pour les garantir de la ronha.
Dictons :
Aiga de St Jan lèva vi et pan : L’eau de Saint Jean enlève vin et pain.
Verd o madur St Jan adutz : Vert ou mur Saint Jean coupe
Los dos St Jan (St Jean Baptiste et Jean l’Evangéliste) partageon : l’an un jour bien court, l’autre moins long
A St Jan lo volam en man : St Jean allume les feux et Saint Pierre les éteint. »
Sources : Le Folklore du Bas-Vivarais par Pierre Charrié,2 -ème édition 1982. Pages 85 à 87 .
Wikipedia; ,caminteresse, RTL
Les maux traites par les plantes de la st Jean ,principalement les blessures ,les plaies ou les maladies nerveuses temoignent de l'ancienneté de cette coutume issue d'époques où les guerres , les conditions d'hygienne et la dureté de la vie quotidienne affectaient gravement la santé des gens
Nous citons entre autres : l'armoise, (herba de Jan) le millepertuis, la sauge, le fenouil, la mauve, le thym, la verveine ;
source : botanique-jardins-paysage
A Orgnac ,le tilleul et le noyer (la feuille et la noix verte utilisés encore de nos jours pour la fabrication du vin de noix
Tire-Nège
Ce monstre, à présent endormi, occupait mares et puits. D'un naturel paisible, il somnolait au fond de l'eau.
Gare à l'enfant qui approchait trop près du bord ! Tire-Nège sentait sa présence, sortait de son sommeil, remontait à la surface pour attirer l'imprudent dans son domaine.
Personne ne pouvait expliquer ce qui arrivait à sa victime.
Au "lac" de Pouzol, Tire-nège était réputé dangereux. Dans les 2 puits du hameau, une porte métallique que seuls les "grands" pouvaient ouvrir, emprisonnait Tire-Nège.
Aller au puits n'était pas une corvée mais un geste naturel car nous ne buvions que cette eau très fraîche été comme hiver.
Nous descendions le seau et tapions l'eau en la vidant plusieurs fois dans le puits avant de remonter de quoi remplir la réserve quotidienne.
A une époque où le siège auto n'existait pas, avoir le droit de puiser l'eau était un rite de passage tout comme être responsable des plus jeunes sur le km qui nous séparait de l'école.
Dès 5 ans, nous partions à l'école à pieds. Il aurait été absurde d'accompagner les enfants en voiture.
Témoignage
Les musiciens locaux
M. Honorine jouait de l'accordéon chez Sully et chez Rieu (les deux hôtels/restaurants au centre du village d' Orgnac l'Aven) le samedi soir. Marcel Charmasson jouait de l'accordéon aux veillées.
L'harmonica était aussi un instrument de musique souvent présent.
Témoignage Le Garn janvier 2020
Les classards- les conscrits
Le conseil de révision concerne tous les hommes de 20 ans .Nus, ils sont auscultés afin de juger leur capacité pour partir au service militaire .Une cocarde ''bon pour le service '' est offerte ( plus tard ,elle sera vendue).D'autres modèles sont à disposition ''bon pour les filles '' par exemple .Cette journée est aussi l'occasion d'un repas ou un ''coup à boire'' entre copains .Des plus jeunes ou plus agés accompagnent alors les conscrits pour partager la fête.
A cette époque, aucun test d'aptitude à lire et à compter .De nos jours la journée nationale a aussi pour mission d'évaluer le taux d'illettrisme dans notre pays
témoin local Le Garn
En 1931 ,sont nés à Orgnac :Henriette Alzas
et de gauche à droite sur la photo : Auguste Coste ; Marcel Bruguier ; Hubert Pradier;

Pierre GALIZZI ; Raymond Cabiac et Guy PRADIER - photo Th C
Petit historique
1804 : Napoléon 1 ; conseil de révision +tirage au sort parmi les jeunes de 20 à 25 ans .(100 hommes par canton )Certains sont dispensés, ajournés, réformés, soutient de famille .Enseignants et étudiants des grandes écoles ne sont pas appelés .Les familles peuvent payer un remplaçant
Sont réformés pour critères physiques: taille - de i,54 ; Difformités des membres ; Problème de vue; Déficience mentale; Etat dentaire pour déchirer les cartouches en papiers
Sont exemptés : Les hommes mariés, les veufs avec enfants
1855 : Celui qui refuse de partir paye une taxe à l'état; Plus de remplaçant
1871 : Tout citoyen français nait soldat
1872 : Service militaire obligatoire durée de 6 mois à 5 ans ; Les militaires ne votent pas ; L'armée devient "la grande muette"
1889 : Tous les hommes par tirage au sort (durée 3 ans)
1905 : Tirage au sort supprimé; 2 ans pour tous ; Service égal et obligatoire pour tous
1912 : Recrutement des tirailleurs sénégalais pour 4 ans
1913 : Service de 3 ans des l'âge de 19 ans
1923 Service de 18 mois ,
1945 : Les militaires ont le droit de vote
guerre d'Algérie : Service de 30 mois
1963 : Service de 16 mois
1965 : Le service militaire devient le service national ; Le conseil de révision devient le centre de sélection " les 3 jours"
1970 : Service de 1 an , les femmes volontaires y participent
1976: Première forme du service civil
1992: Service de 10 mois
1996 : Armées professionnelles; Jour d'appel de préparation à la défense
2002: Mise en place du parcours citoyen, une journée de défense et de citoyenneté
2015 : Service militaire volontaire
2018 : Service national universel
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