Traditions et vie locales
La lessive : la bugada
« Jadis, la bugada n’était pas une mince affaire, car elle s’effectuait le plus souvent une fois tous les trois mois. Dans le vaste cuvier de bois lo bugadié ou bugador juché sur un trépied la chabra, on disposait d’abord le linge le plus sale en finissant par les chemises d’homme et les torchos en toile de sac. Par-dessus, on mettait un drap très épais le florié, puis le cendre de bois bien tamisée. On commenait par verser un grand chaudron d’eau froide bien doucement jusqu’à ce que l’eau coule par la bonde du bas. Lorsque le chaudron du bas était plein, on le faisait légèrement chauffer et on le reversait par le haut. On répétait l’opération en réchauffant l’eau recueillie de plus en plus, c’était les caudas. A la fin, on versait de l’eau bouillante. Ce travail durait une journée. Le linge de couleur était lavé au savon à la rivière. Chaque lavandière apportait sa caisse la banqueta et son battoir lo masarel. La planche inclinée lo lavado était remplacée parfois par une simple pierre plate et lisse ».
Source : Le Folklore du Bas-Vivarais par Pierre Charrié,2 -ème édition 1982. Page 210.
Nettoyage des matelas de laine.
Les matelas étaient rembourrés de laine de brebis. L'entretien consistait à changer la toile et laver la laine. On lavait à la Cèze,là où le courant n'était pas trop fort. Ou on lavait dans le petit ruisseau au niveau de Trescouvieux (commune de Laval-Saint-Roman).
On allait loin car il fallait vraiment beaucoup d'eau. Il faut savoir que le ruisseau coulait tout au long de l'année, pas seulement lors des fortes pluies comme on le constate aujourd'hui. On y trouvait des écrevisses Un Orgnacois y élevait des truites . L'eau venait par gravité, toute seule, c'était avant sa captation pour l'alimentation du village de Laval-Saint-Roman.
Et pour la petite histoire, c'est en 1963 ou 1964 que la première douche est installée à Laval, dans la maison où se trouvait la dernière boulangerie.
Témoignage local Le Garn janvier 2020
Les lessives aux Quitardes
On lavait avec l'eau de la citerne. Chaque maison en possédait une : d'ailleurs, elle était construite avant de faire les fondations de la maison. Quand il ne pleuvait pas assez, on allait laver aux Ousselas, , commune d'Issirac
Témoignage local Le GARN janvier 2020
Il ne reste que des ruines du lavoir des Ousselas .
Il n'a pas résisté à la force des engins motorisés .
Reste la source à quelques mètres en amont
Photo CHC
Préparer le feu , installer dessus le trépied bien calé pour éviter l'accident , mettre de la cendre au fond de la lessiveuse, placer le linge, glisser quekques cristaux de soude , remplir d'eau, les flammes faisaient le reste et soupirait le champignon qui crachait en pluie un liquide couleur sable
Le petit linge se rinçait à la fontaine , les draps au lavoir du village.Ma mère les portait dans une brouette , c'etait lourd et loin ....pour tout le monde
extrait de : l'enfant du mas de Serge Rivage
La tuada du porc.
Le sacrifice du cochon se faisait chaque année en hiver après l'engraissement
Ce jour là, les proches voisins venaient donner un coup de main. Après le gros du travail, vers 10h ,les ouvriers prenaient un bon déjeuner avec des restes du "bout du monde", gros saucisson de l'année dernière gardé pour la circonstance et un plat de viande appelée viande saigneuse.
Après ce repas , les femmes avaient la sale besogne de laver les intestins pour faire les saucisses et les boudins.
Puis commençait la fabrication des boudins composés du sang , d'herbes cuites ramassées dans les champs appelées " mauves de fèdes" ( en français museau de brebis), d'eau bouillie avec de l'ail sel poivre et beaucoup de thym pour parfumer .La cuisson à la chaudière durait 12 minutes.
Les hommes se chargeaient de découper la viande, de la hacher et de la pétrir pour faire des saucissettes, des saucissons, des caillettes d'herbes et des réserves pour l'année.
Avant de pétrir la viande, la table était désinfectée à l'alcool. Ceci était un conseil de grand-mère.
Après une journée bien remplie, le personnel qui avait aidé se réunissait pour le repas du soir :les boudins accompagnés de fricassée(viande du bas ventre), caillettes d'herbes, rôti de porc, salade, fromage de chèvre. Le tout arrosé de quelques boissons un peu fortes.
Le lendemain , chaque personne ayant aidé, le prêtre du village, recevait un présent composé d'un tour de boudin, un petit morceau de fricassée, 2 ou 3 caillettes d'herbes ,un peu de foie et un "taillon" de lard.
C'était la coutume de chez nous.
Témoin local A.C
Autre témoignage
On plaçait l'animal tôt le matin sur une échelle posée en travers d'une caisse de bois d' 1m50 sur 80 cm, pour faciliter le travail du saigneur. On versait l'eau bouillante de la chaudière avant de racler les poils. L'eau s'écoulait dans la caisse , le cochon sur l'échelle ne trempait pas .
Le saigneur apportait son couteau, le reste du matériel se prêtait de ferme en ferme : la caisse , les chaudières pour répondre à un besoin important en eau bouillante , les hachoirs ,les couteaux ….. et même le moule à caillettes : mais ceci est une autre histoire !
La tuade se faisait souvent le samedi. Les amis et familles les voisins venaient aider. On "rendait la pareille" le samedi suivant .
Témoin local chc
Dans la cheminée, l'eau chauffait dans un chaudron...ma mère pelait les oignons ; bouquets de laurier, bol de sel et de poivre attendaient sur le bord de la table....Le saigneur etait arrivé avec ses couteaux et sa pierre à aiguiser.Parce qu'il travaille bien, tous les cochons du village finissent sous le couteau de l'Antoine.Le cochon gueulait s'il avait su il aurait cheulé plus fort encore . Il passe sur une auge en bois, c'est la toilette pour ramollir l'épiderme , assouplir les soies qu'une lame affinée va arracher , nettoyage des oreilles, de la hure, des pieds .....Les entrailles dans un panier drapé de blanc attendent pour le lavage à la margelle du puits....Le couteau continue, il défait le foie,le coeur, la rate, les poumons,les rognons, les grosses pièces enfin .
Extrait de l'enfant du mas de Serge Rivage alias Serge Blanche ,natif de St Marcel De Careiret
« L’égorgement du porc, la tuada, était une véritable fête attendue avec impatience. La « cérémonie » commençait vers la Saint Martin jusqu’au 21 décembre. On plaçait l’animal entre deux cornues de vendange renversées et juxtaposées (Laurac, Bourg Saint Andéol) ou sur une échelle posée horizontalement sur des tréteaux (Chirols). On saignait avec un petit couteau pointu le senado. On brulait les poils avec des épis de lavande préparée d’avance en petits bouquets séchés (Gras, Saint Remèze). Ailleurs, on se servait de pailles de genêts. Brûler le poil se dit « brutlar ». Actuellement on ne brûle plus les poils, on ébouillante et on racle la peau. Il est toujours traditionnel de porter aux voisins le plat de boudin(…)
A Sant Martin tua ton porc fin, convida ton vesin ». A la Saint Martin , tue ton porc fin, invite ton voisin.
Source : Le Folklore du Bas-Vivarais par Pierre Charrié,2 -ème édition 1982. Page 265.
La veillée
La veillée est d'usage commun : on se retrouve le soir chez le voisin ou un parent qui habite à côté. On se rencontre et on échange, certes. Mais le but premier est d'économiser la bougie ou le pétrole de la lampe : les femmes cousent, les hommes ????A compléter svp
La veillée permet donc de réaliser des petits travaux réalisés à l'intérieur, quand la lumière du jour ne suffit plus. C'est la prolongation de la journée de travail
Témoin local
Il était temps de reprendre le pull-over commencé.Tous nos pulls étaient faits à la main , le plus souvent, ma mère détricotait un pull déjà porté , elle mettait la laine en écheveaux , la lavait pour la défriser, la faisait sécher et la mettait en pelotes
Extrait de : l'enfant du mas de Serge Rivage
Le feu de la Saint Jean
On se retrouve entre voisins pour le solstice d'été afin de fêter la nuit la plus courte de l'année. On a pris soin d'amener des fagots de bois de mûriers, puis après les grandes flammes, on saute le feu en guise de porte-bonheur.
On fera ensuite traverser les animaux dans la cendre froide, les moutons et les chèvres, afin de purifier les sabots des maladies telles ?????à compléter svp?????????
Le battage du blé
Les "ventaïre"
Bulletin de vote du 11 juin 1995 : élections municipales Orgnac l'Aven
